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Thème: Les études fransaskoises
Unité: Le changement
Activité 6: L'émancipation de la femme

A. Objectifs spécifiques

Concept:

manque d'équité, action collective, groupement, changement, émancipation.

Connaissances:

  • prendre conscience du manque d'équité entre les hommes et les femmes, autrefois et aujourd'hui;
  • sensibiliser les élèves au pouvoir de l'action collective;
  • connaître divers groupements de femmes et le rôle qu'ils jouent;
  • étudier une chronologie de l'histoire du travail et des réalisations des femmes au Canada;
  • lire l'histoire de certaines Fransaskoises (facultatif).

Habiletés:

  • s'exercer à lire un texte et à y repérer des renseignements;
  • partager des idées et discuter;
  • répondre à des questions;
  • résumer les idées principales d'un texte;
  • présenter ses idées et les justifier.
Valeurs:
  • apprécier la contribution et le rôle que jouent les femmes au sein de la société;
  • réaliser l'importance d'être une personne à part entière à tous les paliers et dans tous les secteurs de la société;
  • se rendre compte que l'émancipation de la femme ne se réalisera pleinement qu'avec l'effort et l'appui de tous et de toutes.

B. Stratégies d'enseignement

« Émancipation » est un mot qui ne fait pas partie du vocabulaire des élèves de huitième année. Discuter et trouver la signification du mot dans un dictionnaire. L'enseignante peut noter au tableau les commentaires des élèves: ils pourront servir à formuler une courte définition et à cerner clairement ce qu'on veut dire par « L'émancipation de la femme ».

Faire réfléchir les élèves en leur posant une question telle que: Y a-t-il un manque d'équité entre les hommes et les femmes dans le monde du travail, dans les salaires qu'ils reçoivent pour une même tâche, dans les responsabilités familiales, dans la garde des enfants, dans le choix de carrière? Si la réponse est affirmative, demander aux élèves de donner des exemples.

Distribuer aux élèves le document de l'élève intitulé « Groupements de femmes » (p. 114 à 117) et leur demander de le lire. Travailler seul ou ensemble le vocabulaire et discuter brièvement du contenu du document avant de passer aux questions de la feuille de l'élève, p. 118. Après l'évaluation des réponses, l'enseignante demande aux élèves de partager leurs réponses avec toute la classe, tout en encourageant la discussion et le raisonnement critique.

L'exercice suivant peut se faire avec une partenaire ou en petits groupes. Distribuer le document de l'élève intitulé « Une chronologie de l'histoire du travail et des réalisations des femmes au Canada » (p. 119 à 132) et la feuille de l'élève « Questionnaire sur les femmes et le travail dans l'histoire canadienne » (p. 133 et 134). Demander aux élèves de lire le document, d'en discuter et de répondre aux questions. En se servant de la feuille de réponses (p. 135 et 136), procéder à une correction collective à la suite de laquelle chaque élève notera au moins deux changements, faits historiques ou réalisations qui les ont le plus touchées. Chacune, ensuite, partagera ses opinions avec les autres élèves de la classe et donnera brièvement les raisons de ses choix.

Le dernier exercice est un travail qui se fait en équipe. Chaque groupe reçoit un article différent dont le contenu sera résumé et partagé ensuite avec les autres élèves de la classe. Le résumé peut se faire sous forme de questions/réponses ou tout simplement en relevant les idées principales: voir le document modèle « Suggestions - résumé des articles » (p. 137 et 138). L'enseignante peut choisir parmi les articles suivants ou en trouver d'autres:

  1. Marie-Antoinette Papen (p. 139 à 155)
  2. Un feu sans fumée (p. 156 à 159)
  3. Et un jour, elles furent admises à l'Université (p. 160 et 161)
  4. Le travail non rémunéré est essentiel pour l'économie (p. 162 et 163)
  5. Trop bonnes pour notre propre bien (p. 164 et 165)
  6. Le suffrage féminin (1) (p. 166 à 168)
  7. Le suffrage féminin (2) (p. 169 à 171)

Lors du partage, faire participer chaque membre du groupe si c'est possible et avoir une période de questions/commentaires.

Exercices facultatifs:

  1. La trousse Réseau Canada, élaborée pour les élèves de 12 à 18 ans par l'Association canadienne de l'éducation en collaboration avec le Conseil scolaire de la communauté urbaine de Toronto, unité 3 (La refonte de la Constitution), module 4 intitulé « Les femmes et la réforme constitutionnelle » (p. 296 à 306). Les exercices de ce module, dit-on à la p. 296, permettront de:
  1. Faire un projet de recherche sur un regroupement de femmes. Écrire pour obtenir des renseignements, faire une entrevue avec un des membres ou inviter une personne-ressource à votre école.

  2. Il est possible d'obtenir, auprès de l'Office national du film du Canada, entre autres, des vidéos intéressantes, soit pour se documenter, soit afin d'effectuer des exercices supplémentaires qui aideront à faire connaître davantage l'émancipation de la femme. Voici quelques titres et un court résumé du contenu de ces vidéos:
  3. Les fascicules de la collection La Saskatchewan française (déjà distribuée dans les écoles). C'est une façon de faire connaître certaines pionnières, fransaskoises, ainsi que le rôle important qu'elles ont joué dans le développement de l'Ouest canadien.

    Voici les titres de ces six fascicules et le court texte qui se trouve en première page de chacun.

Traditionnellement, lorsque l'on parle de l'agriculture en Saskatchewan, on en parle comme si c'était une occupation d'hommes. Nombreux furent les cas où les femmes ont travaillé côte à côte avec leur mari pour défricher la terre, la cultiver et l'ensemencer. Nombreuses furent les femmes qui ont eu la responsabilité de traire les vaches et de soigner le bétail. En plus de ce travail, les femmes devaient s'occuper de la maison et des enfants, ainsi que des grands jardins qui aidaient à alimenter la famille. Irène Coupal-Trudeau fut une de ces pionnières, qui a toujours travaillé main dans la main avec son mari.

Onésime Dorval est née à Sainte-Scholastique au Québec en 1845. Elle veut devenir religieuse mais sa santé est trop fragile. En 1877, elle arrive au Manitoba pour commencer une longue carrière dans l'enseignement dans le Nord-Ouest. Mademoiselle Dorval, la première institutrice diplômée des Territoires du Nord-Ouest, a enseigné à Saint-Laurent, Battleford et Batoche avant de prendre sa retraite à la résidence indienne de Saint-Michel, à Duck Lake en 1914. Elle est décédée en 1932 à l'âge de 87 ans.

Marie-Anne Gaboury-Lagimodière fut la première femme blanche à s'établir en permanence dans le Nord-Ouest canadien. Originaire de Maskinongé au Québec, elle épouse un voyageur canadien-français, Jean-Baptiste Lagimodière et décide de l'accompagner dans l'Ouest. Elle fut la mère des premiers enfants blancs nés dans ce qui deviendrait plus tard les provinces du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta. Elle fut la grand-mère maternelle de Louis Riel, chef des Métis durant les rébellions de 1869-70 et 1885. Les Lagimodière arrivent dans l'Ouest au début du 19e siècle. Plus tard, ils s'établiront en permanence dans la Colonie de la rivière Rouge.

Dès la fondation du Patriote de l'Ouest, on a voulu consacrer de l'espace à des articles qui seraient dédiés aux femmes, aux enfants et à la famille. Les dirigeants de l'hebdomadaire français allaient recruter deux jeunes femmes, originaires du Québec, pour assurer le contenu de la page En famille. Marie-Anne Duperreault, mère d'une famille de quatorze enfants et femme d'un fermier de Willow Bunch, collaborera pendant plus de vingt-cinq ans et écrira des centaines d'articles pour la page En famille.

Annette St-Amand, une jeune institutrice, relèvera, en 1916, le défi du père Achilles-Félix Auclair, rédacteur du journal, pour donner une structure à cette page qui était consacrée à la famille. Les deux femmes furent les deux principales collaboratrices (journalistes) du Patriote de l'Ouest.

Les noms de Marie-Antoinette Papen et Antonio de Margerie sont intimement liés à la cause du français en Saskatchewan et à celle de l'éducation des Franco-Canadiens de la Saskatchewan. Ils sont frère et soeur, enfants d'Eugène de Margerie, ancien professeur de littérature en France. Pendant plus de 30 ans, Antonio comblera le poste de chef du Secrétariat de l'A.C.F.C. et sera le pilier derrière les examens de français de l'association. Pour sa part, Marie-Antoinette s'établit comme la doyenne de la radio française en Saskatchewan en étant animatrice à CFNS, Saskatoon pendant plus de vingt ans. Elle aura épousé un jeune fermier belge de Hoey, aura été enseignante en Saskatchewan pendant de nombreuses années avant d'entreprendre à l'âge de 45 ans, une carrière radiophonique.

Quand on parle de la vie des pionniers, on croit à juste titre que la vie était dure pour les femmes. Elles abandonnaient une belle vie dans l'Est ou en Europe pour venir recommencer à zéro dans la prairie canadienne. Ici, elles n'auraient pas les luxes qu'elles avaient connus ailleurs. Et malgré tout, elles devraient encore élever de grandes familles. Toutefois, quand on pense à la vie des pionniers, on emprunte trop souvent l'image de la femme au foyer et de l'homme dans les champs. Cette image, elle n'est pas toujours juste.

C. Notes explicatives

Il s'agit de sensibiliser les élèves et de leur faire comprendre que si on parle d'émancipation, c'est qu'il y a eu dans le passé et qu'il y a encore aujourd'hui, un manque d'équité entre les hommes et les femmes. Malgré les changements et les progrès depuis le début du XXe siècle, il y a encore du chemin à parcourir.

Les élèves seront probablement surpris d'apprendre qu'il n'y a pas tellement longtemps les femmes n'avaient même pas le droit de vote. C'était le domaine exclusif des hommes, de peur que le droit de vote n'« enlève la dignité et le respect qui conviennent à la mère de famille », écrivait-on dans Le Patriote de l'Ouest en avril 1914. Pour en savoir davantage sur le vote des femmes et sur le retard accusé par la province de Québec par rapport aux autres provinces canadiennes (p. ex. l'Ontario accorde le droit de vote aux femmes en 1917 et le Québec ne l'accorde qu'en 1940), consulter les pages 190 à 200 de la biographie de Almanda Walker-Marchand de Lucie Brunet. Almanda Walker-Marchand est une Franco-Ontarienne de stature nationale qui a fondé la Fédération des femmes canadiennes-françaises et en a été la présidente de 1914 à 1946.

Aujourd'hui, comme les élèves le constateront, il y a plusieurs groupements de femmes. Leur attention se porte, entre autres, sur la violence familiale, le stress, l'équité salariale, l'environnement, tout en voulant aider les femmes à réaliser leur potentiel en tant qu'individu et à faire reconnaître leur contribution dans tous les domaines de la société.

Les élèves doivent comprendre qu'ils et elles font partie de ce changement et que tous et toutes ont un rôle à jouer. Il est nécessaire de faire attention à ses paroles et à ses actions, d'en éliminer tout préjugé et toute discrimination.

Cette activité met l'accent sur les apprentissages essentiels communs suivants: la communication (la discussion en groupe, le partage d'idées, la lecture de documents divers, le travail du vocabulaire, etc.), la créativité et le raisonnement critique (la réflexion sur le manque d'équité entre les hommes et les femmes, l'analyse et les commentaires sur la situation de la femme - hier et aujourd'hui, les réponses aux questions, le résumé des idées principales d'un texte, etc.), l'apprentissage autonome (la recherche de renseignements spécifiques dans une série de documents; d'articles de journaux et d'autres publications) et les capacités et valeurs personnelles et sociales (relever des faits historiques ou des réalisations qui les ont touchés, faire preuve d'ouverture d'esprit vis-à-vis du manque d'équité, réaliser que chacun et chacune a un rôle à jouer dans le cheminement vers une équité complète entre les hommes et les femmes).

D. Matériel requis

E. Suggestions d'évaluation

(formative)

(Sommative)

F. Durée approximative

Exercices facultatifs


Document de l'élève

Groupements de femmes

Dès le début du siècle, alors qu'on soutenait encore qu'une femme n'était pas une « personne » aux yeux de la loi, les femmes ont découvert qu'en s'unissant pour accomplir une tâche, elles avaient un pouvoir dû à l'action collective. C'est de cette façon, par exemple, qu'elles ont obtenu au Canada en 1918, après quarante ans de lutte, le droit de voter aux élections fédérales et en 1929 le droit de siéger au sénat.

Depuis ce temps-là, plusieurs choses importantes ont touché les femmes au Canada. Par exemple, en 1954, le gouvernement fédéral mettait sur pied le Bureau des femmes pour étudier les problèmes des femmes dans le milieu du travail. En 1960, la Déclaration canadienne des droits rendait illégal de traiter les femmes injustement à cause de leur sexe. En 1967, on nommait une commission royale pour étudier la situation des femmes au Canada. Son but était de faire des recommandations au gouvernement quant à l'égalité des hommes et des femmes.

Aujourd'hui, plusieurs groupements de femmes fédéraux et provinciaux, anglophones et francophones, cherchent à améliorer la situation des femmes. Des groupes tels que:

Tous ces groupements ont beaucoup contribué et continuent à contribuer aujourd'hui aux changements qui touchent non seulement les femmes mais la société en général. Dans un document intitulé Femmes et francophones: double infériorité publié par la Fédération des femmes canadiennes-françaises en 1981, on dit ceci à propos des groupements de femmes francophones (p. 111): « Enfin, elles se sont toujours regroupées comme femmes francophones et elles continuent de le faire aujourd'hui. Ce qui change simplement, c'est l'orientation qu'elles donnent à leur action communautaire. Plus conscientes de la dévalorisation qu'elles subissent comme femmes et comme francophones, elles cherchent davantage à résoudre ce problème en se donnant les services dont elles ont besoin, en français. »

Dans un autre document intitulé Le discours des Fransaskoises rédigé par Catherine Graham et publié en 1990, on parle de la division du travail selon le sexe et de l'entrée massive des femmes sur le marché du travail. « Il est alors évident que la division du travail selon le sexe n'est pas un effet inévitable de la biologie humaine. Il semblerait plus que probable que cette division ait une base culturelle, c'est-à-dire que nous ayons décidé que les femmes font un certain genre de travail et les hommes un autre et, qu'à la longue, nous trouvions cette situation "naturelle". »

Mais en dépit des stéréotypes des rôles féminins et masculins, les femmes sont de plus en plus nombreuses à se joindre au marché du travail. À la p. 8 de ce même document, l'auteure écrit que « Peu de choses ont autant changé au Canada depuis quelques décennies que le rôle des femmes. Les plus importants changements dans ces rôles découlent de l'entrée massive des femmes sur le marché du travail. En effet, selon Statistique Canada, environ 75 % des femmes âgées de 20 à 44 ans étaient actives sur le marché du travail en 1988. Dans la génération de leurs mères (les femmes âgées de 55 à 64 ans), le taux d'activité n'était que de 36 %. Ceci veut dire que la génération qui est maintenant en âge de prendre le "leadership" dans nos communautés se trouve obligée d'inventer un nouveau modèle de vie familiale et communautaire. ».

Afin que la femme puisse continuer à s'épanouir et puisse réussir à trouver sa juste place au sein de la société, le Conseil du statut de la femme au Canada a élaboré des objectifs. Ainsi, on croit:

Certaines statistiques, telles que celles qui sont énoncées dans l'article suivant5, démontrent qu'il y a un véritable changement dans certains domaines et que les femmes prennent de plus en plus leur juste place au sein de la société.

5  Le journal des jeunes. - (25 mars 1994). - P. 3

Cependant, il y a encore du chemin à faire au Canada ainsi qu'ailleurs dans le monde avant que la parité soit atteinte entre les deux sexes. L'information suivante6 nous le confirme.

École sexiste?

Une étude révèle que l'écart entre le niveau d'éducation des filles et des garçons augmente dans le tiers monde, au détriment des filles. Par exemple, au Pakistan, on compte 52 étudiantes seulement pour 100 étudiants.

Terminons par cette citation 7:

« Aujourd'hui au Canada, en moyenne, les femmes travaillant à temps plein, à longueur d'année, ne font toujours que 70 sous pour chaque dollar gagné par les hommes. Elles continuent à surmonter les obstacles qui ont retardé leur participation dans des domaines à prédominance masculine, comme l'ingénierie et les métiers. Et les femmes continuent d'éliminer petit à petit le plafond voilé qui les confine aux échelons inférieurs de certaines professions. Cinquante-huit pour cent des femmes travaillent à des emplois de commis, de service, ou de gestion et d'administration.

Les femmes qui oeuvrent aujourd'hui dans des professions non traditionnelles -les techniciennes, les ingénieures, les scientifiques et les femmes de métier - sont les pionnières des temps modernes. Elles ouvrent la voie à d'autres femmes. Et elles détiennent l'une des clés les plus importantes d'un avenir plus juste et plus prospère pour le Canada. »


  1. Le Canada Face au Changement, p. 82 à 85
  2. Rétrospective Canada, p. 347 à 354
  3. Culture, Sciences humaines, 8e année, p. 75
  4. Le discours des Fransaskoises, p. 4 et 8
  5. Femmes et francophones: double infériorité, p. 111

6  « Nouvelles en bref ». - Le journal des jeunes. - (11 février 1994). - P. 2

7  Mois de l'histoire des femmes. - (Oct. 1993)



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