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Thème: Les études fransaskoises
Unité: Le changement
Activité 3: Les changements apportés par la technologie

A. Objectifs spécifiques

Concept:

technologie, changement.

Connaissances:

  • connaître la signification du mot « technologie »;
  • trouver des changements apportés par la technologie;
  • sensibiliser les élèves à l'évolution des emplois;
  • prendre conscience, en particulier, des changements dans le monde agricole.

Habiletés:

  • formuler une définition;
  • étudier et interpréter des données;
  • partager des renseignements et en discuter;
  • répondre à des questions et justifier les réponses;
  • lire et /couter une bande sonore;
  • faire de la recherche.
Valeurs:
  • réaliser que les changements apportés par la technologie nous ont changés en tant que nation et en tant qu'individus;
  • apprécier la contribution de la technologie au confort dont nous jouissons en général, au Canada, à l'école, à la maison et ailleurs.

B. Stratégies d'enseignement

On a parcouru beaucoup de chemin depuis l'arrivée des premiers colons. La technologie a apporté, au fil des années, des changements qui ont influencé radicalement le mode de vie.

Prendre le temps d'abord, avec les élèves, de définir le mot « technologie ». Les élèves connaissent déjà probablement le sens de ce mot sans toutefois s'être arrêtés pour le définir (voir document d'information, p. 65). Demander ensuite aux élèves de regarder autour d'eux et de donner des exemples de technologie: la chaise, le pupitre, l'horloge, le système de chauffage, l'éclairage, le tableau, la craie, etc. Comment ces choses sont-elles parvenues jusque là? Qui les a conçues? Comment ont-elles été fabriquées?

Distribuer aux élèves, en groupe de deux, la feuille intitulée « L'évolution des emplois » (feuille de l'élève, p. 66). C'est un tableau qui présente des données tirées de trois recensements canadiens. Demander aux élèves d'étudier et d'interpréter ces données. Jusqu'à quel point la technologie a-t-elle contribué aux changements de ces grandes catégories d'emplois? Pourquoi le Canada avait-il besoin de plus de fermiers en 1931 ou en 1961 qu'aujourd'hui? Pourquoi y a-t-il eu des augmentations aussi fortes du nombre d'employés dans les industries manufacturières? Noter des exemples spécifiques. Noter également les choix de carrière qui s'offrent maintenant aux jeunes mais qui n'existaient pas au début des années 1900 (p. ex. tout le domaine des télécommunications). Noter aussi les carrières qui existaient autrefois mais qui ont presque disparu, p. ex. le forgeron. Suite au travail en petits groupes, demander aux élèves de partager leurs idées et d'en discuter avec toute la classe.

Donner aux mêmes groupes d'élèves une deuxième feuille de l'élève (Changements au cours des années, p. 67). Les élèves écrivent sur cette feuille tous les changements qu'ils ont connus eux-mêmes dans ces domaines et tout autre changement dont ils ont pris connaissance par quelque moyen que ce soit. Mettre ensuite les réponses en commun. Poser des questions telles que:

Exercice facultatif

Diviser la classe en quatre groupes et demander à chacun des groupes de lire et d'écouter (une partie du témoignage est sur bande sonore) un des témoignages suivants et de noter tous les changements mentionnés qui ont été apportés par la technologie. La feuille de l'élève intitulée « Changements dans le monde agricole » (p. 68 et 69) peut servir de guide.

  1. Clotaire Denis fils et sa famille, p. 35 à 42.
  2. Noël Dudragne, p. 45 à 51.
  3. Cléas Duperreault, p. 53 à 68.
  4. Roland Avila Pinsonneault, p. 101 à 113.

Ces témoignages se trouvent dans Les Fransaskois se racontent, un recueil publié par les Archives de la Saskatchewan qui a été distribué dans toutes les écoles fransaskoises. Le cartable contient aussi deux cassettes et un guide pédagogique. Les élèves peuvent aussi consulter des journaux agricoles contemporains et des dictionnaires encyclopédiques ou encore poser eux-mêmes des questions à un pionnier ou une pionnière de la région. Partager ensuite les renseignements obtenus avec les autres groupes et discuter de certains phénomènes, p. ex. le nombre décroissant de fermiers, la superficie moyenne des terres aujourd'hui, l'effet de ces changements sur la communauté, en particulier, sur les petits villages.

C. Notes explicatives

L'enseignant peut arriver à une définition du mot « technologie » par le partage des idées, la discussion et en ayant recours aux dictionnaires ou à d'autres livres de référence.

À noter que le changement technologique n'a pas ralenti. Au contraire, il s'est accéléré et il s'accélérera encore. C'est ce phénomène qui a aidé l'humanité à survivre. Cependant puisque les changements se font graduellement, il se peut fort bien que les élèves n'en soient pas tellement conscients ou qu'ils les prennent pour acquis. Mais, malgré leur jeune âge, ils ont connu des changements qu'ils pourront identifier avec un peu de réflexion. Ils pourront aussi alimenter leurs connaissances dans ce domaine en ayant de bonnes conversations avec leurs parents, grands-parents et d'autres membres de la famille.

En ce qui a trait à l'évolution des emplois, les élèves mentionneront que l'augmentation de la population a aussi joué un rôle. Le tableau sur la feuille de l'élève (L'évolution des emplois, p. 66) offre des possibilités diverses d'analyse numérique.

L'exercice qui consiste à lire et écouter les témoignages de quatre pionniers francophones aidera à sensibiliser les élèves aux changements dans le monde agricole, changements dûs à la technologie. Ils verront le cheminement, commençant par le travail avec les boeufs, les chevaux, en passant par la machine à vapeur et le petit tracteur pour en arriver aux tracteurs géants d'aujourd'hui (à 8 roues)... de la charrue à quelques oreilles au cultivateur de 47 pieds (14,5 m)... du moulin à battre à la moissonneuse-batteuse... de la culture mixte à la spécialisation, etc.

Tous les apprentissages essentiels communs sont développés au cours de cette activité. Notamment, la communication (échange d'idées avec un partenaire, prise de notes, partage de réflexions avec la classe, lecture, écoute de bandes sonores, entrevue s'il y a lieu, discussion, etc.), l'initiation à l'analyse numérique (étude et interprétation de données), l'initiation à la technologie (signification du mot « technologie », prise de conscience de nombreux changements apportés par la technologie, identification d'exemples spécifiques, etc.), la créativité et le raisonnement critique (formulation d'une définition, analyse des conséquences des changements technologiques, évolution des carrières, visualisation de la vie en l'an 2033, etc.), l'apprentissage autonome (recherche dans des dictionnaires et d'autres ressources, lecture et écoute de témoignages de pionniers ou pionnières) et les capacités et valeurs personnelles et sociales (discussions au sujet des changements apportés par la technologie dans la vie quotidienne, du confort que nous ont apporté les changements technologiques, des effets négatifs, etc.).

D. Matériel requis

E. Suggestions d'évaluation

(formative)

(sommative)

(sommative)

F. Durée approximative

Exercice facultatif


Document d'information

La technologie 1

Le mot « technologie » désigne l'ensemble des savoir-faire et des pratiques, fondé sur des principes scientifiques, dans un domaine technique. Le mot « technique » se réfère aux méthodes et aux procédés liés directement à un art, à un métier ou à une industrie spécifiques.

On a inventé des machines, des médicaments et des gadgets. En retour, ces changements nous ont changés, en tant que nation et en tant qu'individus. Chaque personne réagit à sa façon au changement technologique. Quelle que soit la façon de mesurer notre réaction, la technologie fait partie de notre vie et continue d'exercer son influence sur toute notre société.

 

 

1   Jim Parsons ; Sharon Jamieson. - Le Canada face au changement. - Éditions de la Chenelière, 1990. - P. VIII, 1, 2, 14, 15

Feuille de l'élève

L'évolution des emplois 2

Type d'emploi Nombre d'employés

 

1931 1961 1986
agriculture 1 131 845 640 786 479 190
industries
manufacturières
442 286 1 404 865 2 196 745
imprimerie 26 193 84 265 165 340
transports et
communications
56 171 603 286 274 710
commerce 313 912 991 490 1 606 010

 

2   Ibid., p. 2

Feuille de l'élève

Changements au cors des années

Énumérer quelques changements qui se sont produits dans chacun des domaines suivants:

maison nourriture appareils école loisirs




























































Feuille de l'élève

Changements dans le monde agricole

Nom du pionnier interrogé: _____________________________

superficie des terres



le prix des terres



les machines



le prix des machines



les modes de transport



les méthodes de culture



le chauffage



l'éclairage



la nourriture



la communication



les loisirs



les graineries (entrepôts)



la manutention des grains



l'élevage



les moyens d'améliorer la terre



les moyes d'améliorer la production



le travail



la spécialisation




Thème: Les études fransaskoises
Unité: Le changement
Activité 4: Les valeurs d'antan et les valeurs d'aujourd'hui

A. Objectifs spécifiques

Concept:

valeurs, valeurs d'antan, valeurs traditionnelles, valeurs contemporaines, changement, évolution.

Connaissances:

  • prendre conscience du changement des valeurs au fil des années;
  • connaître les valeurs traditionnelles;
  • se sensibiliser à l'évolution de la famille;
  • comprendre que l'adaptation au changement a amené Fransaskois et Fransaskoises à mettre en question leurs croyances et valeurs traditionnelles.

Habiletés:

  • s'exercer à la technique du remue-méninges;
  • partager des opinions avec une partenaire et avec les autres membres de la classe;
  • lire un texte et en tirer les renseignements voulus;
  • faire un tableau comparatif;
  • discuter en groupe;
  • rédiger un court texte;
  • faire des jeux de rôle
Valeurs:
  • réaliser qu'il y a des changements de valeurs qui sont favorables et d'autres qui le sont moins;
  • se rendre compte que certaines valeurs du passé sont encore valables aujourd'hui;
  • apprécier les avantages de la vie d'hier et ceux de la vie d'aujourd'hui;
  • respecter l'opinion des autres.

B. Stratégies d'enseignement

Discuter avec les élèves le sens du mot « valeur » dans le contexte de cette activité. S'assurer également que les élèves comprennent la signification du mot « antan ». Demander aux élèves d'avoir recours au dictionnaire et de noter la définition la plus juste et appropriée. Par exemple, voici des définitions tirées du Dictionnaire du français Plus:
valeur: caractère de ce qui est reconnu digne d'intérêt, d'estime, de ce qui a de la qualité.
antan (d'): autrefois (d').

Faire un remue-méninges avec les élèves. Leur demander d'énoncer toutes les valeurs auxquelles elles peuvent penser (voir document d'information, p. 74). L'enseignante les note au tableau sans qu'il y ait discussion et sans que personne ne porte de jugement. Distribuer ensuite à chaque élève un exemplaire de la feuille de l'élève (p. 75) sur laquelle, individuellement, les élèves écrivent dans l'une ou l'autre des colonnes (ou les deux), les valeurs énoncées lors du remue-méninges. Dans la troisième colonne écrire des commentaires, s'il y a lieu. Y a-t-il eu des changements? Quelles sont les causes de ces changements? Voir les exemples sur la feuille de l'élève, p. 76. Faire des commentaires, en particulier, sur les valeurs qui ont disparu ou qui sont en voie de disparition, ou encore sur les valeurs qui sont nouvelles ou qui ont pris de l'importance avec les années. Y a-t-il des valeurs qui avaient perdu beaucoup d'importance mais qui en reprennent? Demander à chaque élève de partager ses opinions avec une partenaire et d'en discuter.

Les élèves ensuite, travaillant avec la même partenaire, notent sur la feuille de l'élève (p. 76) des exemples de changements qui sont, selon eux, favorables ou non, ainsi que les raisons qui les conduisent à ces opinions.

La famille aussi a évolué, a changé. Distribuer à chaque groupe de deux ou trois élèves, un exemplaire du document de l'élève intitulé « L'évolution de la famille » (p. 77 et 78). Donner à chaque groupe le temps de le lire avant de travailler ensemble le vocabulaire avec l'aide du lexique qui se trouve sur la deuxième page. Demander aux élèves en groupe de faire un tableau comparatif de la famille d'autrefois et de celle d'aujourd'hui d'après ce texte (utiliser la feuille de l'élève, p. 79). Finir par une session de partage d'idées et de discussion. Pour aider l'enseignante, il y a un document modèle de tableau comparatif à la page 80. Reposer aux élèves la question formulée à la fin du texte; « Faut-il redouter cette évolution? » Demander aussi aux élèves si elles sont d'accord avec certains spécialistes qui disent qu'il y a, de nos jours, un certain repli sur la famille, donc un certain retour aux valeurs traditionnelles.

Terminer l'activité en demandant aux élèves de décrire, en deux paragraphes, les avantages de la vie d'hier et les avantages de la vie d'aujourd'hui.

Exercice facultatif

Par un jeu de rôle, les élèves, en groupes de 2 à 4, montrent le changement ou l'évolution d'une valeur ou de quelques valeurs. On peut utiliser le dialogue ou le mime.

C. Notes explicatives

Cette activité portera beaucoup à la réflexion et à la discussion puisque la question des valeurs est liée à la subjectivité. Les élèves réalisent qu'il y a eu une évolution, des changements, mais elles auront tout de même des opinions divergentes et l'enseignante devra s'efforcer de les respecter.

Lorsqu'il est question de décrire les avantages de la vie d'hier ainsi que ceux de la vie d'aujourd'hui, l'enseignante peut parler aux élèves des croyances et des valeurs traditionnelles ayant trait à la langue et à la culture françaises et leur demander si, selon eux, c'était plus facile autrefois de les conserver. Si la réponse est affirmative, pourquoi?

Il y a, dans cette activité, une bonne intégration des matières. En plus des sciences humaines, il y a du français (lecture, compréhension, travail de vocabulaire, etc.) et de l'instruction religieuse (valeurs, changements favorables ou non, conséquences sur les individus, la société, etc.).

Quatre, en particulier, des six apprentissages essentiels communs sont abordés: la communication (remue-méninges, partage d'opinions avec une partenaire, avec les autres membres de la classe, discussion, lecture, travail de vocabulaire, etc.), la créativité et le raisonnement critique (pourquoi les valeurs ont changé, tableau comparatif, avantages de la vie d'hier et d'aujourd'hui, jeux de rôle, etc.), l'apprentissage autonome (tirer des renseignements d'un dictionnaire, d'un texte) et les capacités et valeurs personnelles et sociales (identification de valeurs favorables ou non, valeurs traditionnelles, etc.).

D. Matériel requis

E. Suggestions d'évaluation

(formative)

(sommative)

F. Durée approximative

Exercice facultatif


Document d'information

Exemples de valeurs

un emploi stable une nutrition saine
une douzième année
un diplôme universitaire un bon salaire
la prière en famille
le sport l'honnêteté
l'équité des sexes
l'égalité des chances le conditionnement physique
le respect des autres
la générosité les rencontres de famille
assister aux célébrations des fêtes religieuses
les jeux en famille la beauté physique
la réussite
la messe dominicale la fierté de parler sa langue
la maîtrise de soi
les loisirs la présence de la mère au foyer
la discipline personnelle
avoir des amis être riche gagner de l'argent
posséder les derniers gadgets électroniques
ne pas travailler le dimanche gagner
être bilingue
jeûner travailler fort être le meilleur
être le plus fort

Feuille de l'élève

Évolution des valeurs

Valeurs d'antan Valeurs d'aujourd'hui Changement?   Pourqoui?
Exemples:
un emploi stable
un emploi stable
  • c'est un besoin, une valeur qui n'a pas changé sauf qu'aujourd'hui les femmes aussi sont sur le marché du travail.
le conditionnement physique
  • autrefois, en général, le travail demandait plus d'efforts physiques qu'aujourd'hui;
  • aujpurd'hui, les gens se préoccupent plus de leur aspect physique qu'autrefois.
ne pas travailler le dimanche
  • l'influence de l'Église n'est plus aussi marquée qu'elle ne l'était;
  • plusieurs emplois, aujourd'hui, obligent à travailler le dimanche.

Feuille de l'élève

Changements favorables et non favorables

Noter deux changements aux valeurs qui, selon toi,

  1. sont favorables pour toi ou la société en général.








Pourquoi?
  1. ne sont pas favorables pour toi ou la société en général.









Pourquoi?

Document de l'élève

L'évolution de la famille

« La famille est le lieu du bonheur » (Valéry Giscard d'Estaing). « Familles, je vous hais! » (André Gide). Qui a tort, qui a raison? De toutes les institutions - État, Armée, Église, Université - la famille est celle qui a le mieux résisté aux contestations. Peut-être parce qu'elle reste, malgré sa faiblesse numérique et ses éclatements, la cellule de base, quasi naturelle, de la société.

Personne, en tout cas, n'y échappe. Même les célibataires qui, s'ils ne fondent pas une famille, sont issus d'une famille. Mais, flattée par les uns, honnie par les autres, la famille ne sait plus très bien, dans les sociétés occidentales, quelle est sa mission et quel peut être son avenir.

Les secousses ne lui auront pas été épargnées. Citons-en quelques-unes. D'abord le nombre de ses membres diminue. La grande fratrie est une rareté. Les enfants d'un même couple aujourd'hui se comptent sur... les deux ou trois premiers doigts d'une main.

Ensuite les liens se sont distendus entre les générations. Jadis pouvaient cohabiter trois générations (des grands-parents aux petits-enfants). Désormais, c'est un exploit ou une plaie.

La famille a perdu son unité géographique. L'urbanisation, la mobilité des travailleurs à la recherche d'un emploi, ont dispersé les cellules familiales dans le tissu social et territorial. On s'écrit parfois, on se téléphone, mais la fréquence des échanges, globalement, s'est amenuisée.

Autre élément de « déstabilisation » de la famille: le travail des femmes. Non que celles-ci soient plus nombreuses à travailler, mais celles d'aujourd'hui le font loin de leur maison, donc de leurs enfants. À quoi s'ajoute le fait que la prise en charge de plus en plus précoce par la collectivité non seulement de l'instruction, mais de l'éducation et même de « l'élevage » des jeunes (crèches, haltes-garderies, nourrices), contribue à faire éclater - pendant une grande partie de la journée - la cellule familiale.

L'unité familiale demeure cependant, comme l'attestent la fréquence des retrouvailles, les visites et le type de vacances ou de loisir choisis, mais c'est une unité potentielle. Elle ne devient réelle que pour les heures d'inoccupation, de la contemplation de la télévision au « farniente » balnéaire. Jadis unité de reproduction, d'éducation, d'apprentissage du métier (d'agriculteur), la famille a perdu une grande partie de ces pouvoirs et paraît souvent le lieu de la consommation et de l'affectivité.

Faut-il redouter cette évolution? Certains spécialistes disent que, par ces temps de crise, il existe une tendance au repli sur la famille comme si la crainte du lendemain faisait se recroqueviller les plus hardis.

Lexique

Valéry Giscard d'Estaing: élu président de la République française en 1974.

André Gide (1869-1951): écrivain qui a recherché les moyens de libérer l'individu de toutes ses attaches familiales et sociales.

La contestation: critique systématique.

La faiblesse numérique: les familles sont aujourd'hui composées d'un nombre moins grand d'enfants qu'autrefois.

Être issu de: sortir de.

Honni: rejeté.

La secousse: (ici) difficulté.

La fratrie: ensemble des frères et des soeurs.

Se distendre: devenir moins fort.

La plaie: (ici) situation désagréable.

S'amenuiser: diminuer.

La prise en charge... collectivité: l'État s'occupe des enfants de plus en plus tôt.

Les crèches, les haltes-garderies: endroits où les mères qui travaillent peuvent laisser leurs jeunes enfants pendant la journée.

Les retrouvailles (f. pl.): action de retrouver des personnes après une séparation.

Le « farniente » balnéaire: des vacances reposantes au bord de la mer.

La consommation: (ici) l'utilisation des biens de consommation.

Le repli: retour.

Faire se recroqueviller...hardis: (ici) ôter le courage de prendre des initiatives individuelles aux gens les plus audacieux.


Feuille de l'élève

Tableau comparatif

La famille d'autrefois



















La famille d'aujourd'hui



















Document modèle

Tableau comparatif

La famille d'autrefois La famille d'aujourd'hui
  • Plusieurs enfants
  • Deux ou trois enfants
  • Jusqu'à trois générations pouvaient cohabiter
  • Les liens sont moins forts entre les générations
  • Les membres d'une même famille, devenus adultes, restaient habituellement dans une même région géographique
  • La famille a perdu son unité géographique à cause du phénomène d'urbanisation, de la recherche d'un emploi, etc.
  • Les femmes ne travaillaient qu'au foyer
  • Les femmes travaillent souvent loin de la maison, donc de leurs enfants
  • Les enfants restaient à la maison plus longtemps
  • L'État s'occupe des enfants de plus en plus tôt (maternelle, prématernelle...)
  • Les enfants ne se faisaient garder que rarement pendant la journée
  • Une variété de garderies pour aider les mères qui travaillent
  • La cellule familiale était intacte plus souvent
  • La cellule familiale, pendant une grande partie de la journée, est brisée
  • Importance de l'unité familiale
  • L'unité familiale, les retrouvaillents sont encore importantes, mais elles sont parfois reléguées au second plan derrière la contemplation de la télévision et les vacances reposantes au bord de la mer
  • Unité de reproduction, d'éducation, d'apprentissage du métier (d'agriculteur)
  • La famille a perdu une grande partie de ces pouvoirs... devenue plutôt le lieu de la consommation et de l'affectivité.

Thème: Les études fransaskoises
Unité: Le changement
Activité 5: Le décroissement de la population fransaskoise rurale

A. Objectifs spécifiques

Concept:

décroissement, exode rural, diminution graduelle, changement.

Connaissances:

  • prendre conscience de l'exode rural en Saskatchewan;
  • sensibiliser les élèves à l'urbanisation des francophones de la Saskatchewan;
  • connaître les principales causes de la diminution graduelle de la population rurale.

Habiletés:

  • s'exercer à lire et à tirer des renseignements;
  • s'exercer à écouter lors d'une lecture alternative;
  • faire et interpréter un graphique;
  • formuler des questions;
  • travailler en groupe;
  • résumer et comparer des données;
  • partager des idées et discuter;
  • tirer des conclusions.
Valeurs:
  • réaliser l'effet de l'exode rural sur la population fransaskoise;
  • se rendre compte que ce changement présente des difficultés d'adaptation pour les gens qui n'habitent pas les grands centres;
  • s'encourager mutuellement dans un projet d'apprentissage coopératif.

B. Stratégies d'enseignement

Travaillant seul ou avec un partenaire, les élèves reçoivent un exemplaire du document de l'élève intitulé « L'exode rural entre 1950 et 1976 » (p. 85 à 87). Lire attentivement le document et, à partir des données sur la baisse graduelle du pourcentage de la population rurale dans notre province, faire un graphique (à barres) à partir des statistiques (voir document modèle, p. 88). Demander ensuite aux élèves de formuler au moins deux questions auxquelles on peut répondre en interprétant le graphique. Par exemple,

La carte de la première page (p. 85) montre une baisse dans le sud de la province et une légère augmentation dans le nord. Demander aux élèves:

  1. Dans quelle région se trouve ton lieu d'habitation? L'indiquer avec un point rouge et faire part du taux de diminution de la population rurale dans cette région.
  2. Quelle(s) région(s) a (ont) subi la plus grande diminution? Nommer quelques villages ou villes d'origine française qui se trouvent dans cette (ces) région(s).

Terminer l'exercice en demandant aux élèves de répondre aux questions qui sont à la page 87.

Diviser les élèves en groupes de deux ou trois et, à chacun des groupes, donner un exemplaire du document de l'élève « L'urbanisation des francophones de la Saskatchewan » (p. 89 à 101). Amorcer l'exercice en lisant les deux paragraphes qui sont en page couverture. Il y a là des questions qui vont éveiller la curiosité et susciter l'intérêt des élèves. Procéder ensuite, en groupes, à une lecture alternative du document avant de recevoir de l'enseignant une série de questions auxquelles les élèves devront répondre (document de l'élève, p. 102). Après le travail en groupes, diriger une session de partage d'idées et une discussion. Le document modèle (p. 103 et 104) fournit à l'enseignant des suggestions de réponses.

Alimenter la discussion en faisant la lecture d'une entrevue avec un ancien pionnier de Ponteix, M. Noël Dudragne (document d'information, p. 105), au cours de laquelle il commente les raisons expliquant l'exode rural.

Clore l'activité en demandant aux élèves de rédiger un paragraphe ou deux sur les conséquences de ce changement - le décroissement de la population rurale - sur:

  1. la population fransaskoise;
  2. les petites villes et villages de la province.

Après évaluation de l'enseignant, les élèves peuvent partager leurs réflexions avec un partenaire ou avec les autres membres de la classe.

C. Notes explicatives

À part s'initier à l'analyse numérique, un graphique donnera aux élèves une image de la diminution graduelle et marquée de la population rurale en Saskatchewan, une diminution qui a atteint 60 % en un siècle environ.

Lors de la lecture alternative des documents, les élèves devront s'exercer à bien écouter. Étant un apprentissage coopératif, chaque élève doit s'habituer à faire son travail tout en encourageant les autres membres du groupe.

Les questions qui accompagnent le document « L'urbanisation des francophones de la Saskatchewan » ne sont que des suggestions, on peut donc les modifier, en ajouter, etc. Toutefois, il est important que les élèves comprennent les raisons principales du décroissement de la population rurale en Saskatchewan et, implicitement, de celui de la population rurale fransaskoise.

L'extrait de l'entrevue de M. Noël Dudragne est textuel, c'est-à-dire que c'est sa façon de parler, son vocabulaire. Il serait peut-être intéressant d'en faire une certaine analyse et de repasser le vocabulaire avec les élèves

.

Cette activité met l'accent sur la communication (lecture, écoute, partage d'opinions, etc.), l'initiation à l'analyse numérique (faire un graphique, interpréter des données, calculs, etc.), la créativité et le raisonnement critique (formulation de questions, discussion, conséquences du décroissement, etc.), l'apprentissage autonome (recherche de renseignements, questions auxquelles il faut répondre, etc.), les capacités et valeurs personnelles et sociales (respect de l'opinion des autres, encouragement mutuel, habitude de participer au travail du groupe, etc.) et l'initiation à la technologie (mécanisation progressive de l'agriculture).

D. Matériel requis

E. Suggestions d'évaluation

(formative)

(sommative)

F. Durée approximative



Document de l'élève

L'exode rural entre 1950 et 1976 (suite)

Données et explications:

Avec la mécanisation progressive de l'agriculture et la tendance à l'augmentation de la superficie des fermes après la Seconde Guerre mondiale, bon nombre d'habitants ont dû partir vers la ville pour trouver un emploi. Toutes les régions rurales du sud de la province ont connu une diminution marquée de leur population entre 1950 et 1976. Depuis ce temps, cette tendance se maintient ou même s'accélère, de telle sorte que les grands centres, surtout Saskatoon et Regina, mais aussi Melfort, North Battleford, Prince Albert, Moose Jaw, Yorkton, etc., connaissent des hausses appréciables de population.

Dans le nord, la situation est renversée. La forte natalité parmi les populations amérindiennes, ainsi que l'ouverture de nouvelles mines et de nouveaux centres d'exploitation des richesses naturelles a causé une augmentation substantielle de la population.

On dit encore souvent que la Saskatchewan est une province «rurale», alors qu'en fait, plus de gens vivent à la ville qu'à la campagne, et ce depuis au moins le milieu des années 1950.

Les chiffres sont quelque peu trompeurs, car Statistique Canada a modifié les critères de définition de « urbain » en 1961 (auparavant, tous ceux qui habitaient dans des villes et villages dûment constitués étaient classés comme urbains, alors que seuls ceux qui vivent dans des centres de plus de 1000 personnes sont aujourd'hui classés comme tels).

Le tableau ci-dessous trace la diminution graduelle du pourcentage de la population rurale dans notre province:

Contrairement à la plupart des autres régions du Canada, où les districts ruraux ont récemment connu une augmentation appréciable, la tendance à la baisse semble se maintenir dans notre province et on croit que cette situation se maintiendra jusqu'à la fin du siècle.

Questions et activités:

  1. Pourquoi est-ce que tu penses que la population rurale a diminué dans la moitié sud de la province?
  2. Pourquoi est-ce que tu penses que la population a augmenté dans la moitié nord de la province?

Source: Statistique Canada



  1. Richard Lapointe. - Saskatlas. - Regina : Société historique de la Saskatchewan. - P. 104-105

Document modèle

Diminution de la population rurale

Statistiques exprimées en pourcetages pour les années allant de 1891 à 1981.


L'urbanisation des francophones de la Saskatchewan

La population canadienne-française de la Saskatchewan est traditionnellement rurale, c'est-à-dire que la plupart de nos ancêtres sont venus de France, de Belgique, de Suisse, des États-Unis et du Québec principalement pour être fermiers. Aujourd'hui, toutefois, la population de langue française est majoritairement urbaine. Pourquoi les Franco-Canadiens ont-ils surtout été agriculteurs jusqua'à la fin de la deuxième guerre mondiale? Pourquoi se sont-ils urbanisés dès le début des années 1960?
L'urbanisation a-t-elle été un avantage ou un désavantage pour les Fransaskois? Voilà certains des points que nous allons aborder dans cet article.

 

Chapitre un

L'Église et « l'agriculturisme »

À la fin du XIXe siècle, l’Église catholique de l’Ouest se lance dans le mouvement d’immigration et cherche à faire venir des colons de langue française dans les Territoires du Nord-Ouest. « Le premier archevêque de Saint-Boniface, Mgr Alexandre Taché, et son successeur, Mgr Adélard Langevin, étaient tous deux ultramontains. Ils considéraient la tâche de promouvoir l’immigration franco-catholique dans l'Ouest comme un devoir sacré. »1

De plus, l’Église veut que ces colons de langue française s’établissent sur des homesteads et qu’ils suivent les traces de leurs ancêtres québécois, c’est-à-dire qu’ils soient fermiers: « Sous le régime français, aucune carrière n'était interdite aux Canadiens. L'empire frangais comptait sur eux pour continuer à survivre et à prospérer. La situation était toute autre sous le régime anglais. L’administration de l’armée, de la marine et le commerce étranger passaient exclusivement sous le contrôle des Britanniques. »2 Les Canadiens français avaient donc accepté, après la Conquête en 1763, de limiter leurs ambitions et de ne pas viser trop haut. De plus en plus, les Canadiens français s’étaient retranchés à la ferme et les membres du clergé étaient devenus leurs nouveaux chefs.

Alors que la population canadienne-française est majoritaire et urbaine lors du recensement de 1666, les choses sont complètement différen-tes 200 ans plus tard lors de la Confédération. En 1867, les Canadiens français ne représen-tent plus que le tiers de la population et environ 85 pour cent vivent à la ferme ou en milieu rural.

Toutefois, vers le milieu du siècle dernier, toutes les bonnes terres agricoles sont prises au Québec; les jeunes ont alors deux choix: s’exiler vers les villes industrialisées de la Nouvelle-Angleterre ou vers les vastes prairies de l’Ouest canadien. Mais le clergé et la petite élite canadienne- française ne veulent pas perdre leur pouvoir sur le peuple. On dénonce alors la migration vers les villes industrialisées. On glorifie de plus en plus le métier d’agriculteur.
« Toute personne qui choisissait de s’en aller en exil aux États-Unis ou qui émigrait vers la ville était dénoncée comme étant un traitre ou un déserfeur, et le mythe de l’agriculture comme dernier recours pour la nation était perpétué par des romans et des chansons. »3 Louis Hémon (Maria Chapdelaine) et Félix-Antoine Savard (Menaud Maître-Draveur) vont donc vanter les mérites de « l’agriculturisme ».

Le clergé catholique du Québec n’est pas toujours content, avec raison, de voir les siens partir pour l’ouest. Au lieu de voir leurs ouailles s’exiler vers les États-Unis, ou vers l’Ouest, certains prêtres tentent d’organiser des projets de colonisation à l’intérieur même du Québec.

Durant les années 1840, les Canadiens français avaient envahi la région des Cantons de l’Est, une région précédemment colonisée par les Loyalistes. « L’installation de Canadiens français dans les Cantons de l'Est est le fait de toute une série de projets patronnés par divers groupes sur l’initiative de prêtres catholiques. »4 Quelques années plus tard, les Canadiens français coloniseront la région du Saguenay-Lac Saint-Jean, puis durant les années 1860, ils iront dans la vallée du Saint-Maurice et dans les Laurentides. Ensuite, les colons canadiens-français remonteront I’Outaouais durant les années 1880 pour y fonder des villages dans la région du lac Témiscamingue et, en 1912, on se rendra même jusque dans la région de l'Abitibi.

« Les Anglais pouvaient bien dominer I’économie, les Canadiens français, eux, allaient assurer leur présence en occupant le territoire. »5
L’image des colons canadiens-français allant prendre possession de la terre dans les « Pays d’en haut » est bien illustrée dans le célèbre roman de Claude-Henri Grignon, Un homme et son péché. Cette histoire de l’avare, Séraphin Poudrier, a été rendue encore plus célèbre, ayant été reprise à la radio et à la télévision.

Deux des grands apôtres de l’établissement des Canadiens français sur des terres sont le curé Antoine Labelle et Mgr Louis-François Laflèche, évêque de Trois-Rivières. De 1868 à 1890, Antoine Labelle va poursuivre une campagne de colonisation énergique dans la région des Laurentides au nord de Montréal.

Quant à Mgr Laflèche, lui, il prêchera les mérites de « l'agriculturisme ». « Missionnaire dans l'Ouest avant de devenir évêque de Trois-Rivières en 1870, Laflèche était un ardent défenseur de l’idée que "la prospérité et l’avenir des Canadiens français résident dans les terres et les pâturages de leur riche territoire". »6

La colonisation de l’Ouest canadien par les Canadiens français devrait donc se situer dans cette même philosophie. Toutefois, ce ne sont pas tous les membres du clergé du Québec qui acceptent de voir leurs paroissiens quitter le Bas-Canada pour les lointaines prairies de l’ouest. Dans Le Patriote de l'Ouest du 16 mai 1912, Amédée Cléroux publie un extrait d’une lettre du père A.M. Josse, o.m.i., missionnaire-colonisateur à Grande-Prairie en Alberta qui dit au sujet du faible nombre d’immigrants de langue française dans sa province: « la faute, la grande faute, c’est que l’on n’a point assez prêché la bonne croisade parmi les Français. »7

Amédée Cléroux, agent de colonisation pour le gouvernement fédéral en Saskatchewan, répond à cette lettre en disant: « Quelle grande vérité vous dites, mon Rev. Père. On a tenu, malheureusement, nos Canadiens dans l’ignorance sur les avantages de l’Ouest - plus que cela - on les a nourri de préjugés. »8 Et Cléroux ne se gêne pas d’accuser le clergé du Québec de nuire aux efforts de colonisation de leurs confrères de l’Ouest. « À qui la faute? Uniquement aux partis politiques, aux sectes ennemies de notre foi et de notre langue? Non certainement non, mais à ceux qui avaient mission de faciliter l’accès de nos belles plaines de l'Ouest à nos Canadiens et non de les en détourner en leur disant: "Bons Canadiens" n’allez pas dans l’Ouest - vous allez y perdre votre langue et votre foi, - vous allez vous faire tuer par les Indiens; vous allez crever de faim et mille autres fantaisies semblables. »9

Le clergé catholique du Québec veut donc que les Canadiens français s’établissent en premier lieu dans leur province natale... et s’il le faut, en Ontario, le long de I’Outaouais.

Malgré cela, des milliers de francophones vien-nent s’établir dans l’Ouest canadien. En 1885, la population d’origine française en Saskatchewan est de 689. Quarante-cinq ans plus tard, en 1931, la population d’origine française se chiffre à 50 700.10 Et jusqu’au début des années 1960, la majorité des personnes de langue française en Saskatchewan suivront les traces de leurs ancêtres; « l’agriculturisme » sera maître chez-nous.


Chapitre deux

L'élite franco-canadienne de la Saskatchewan

Au début du XXe siècle, la Saskatchewan connaît sa plus forte vague d’immigration. Les évêques catholiques de l’Ouest nomment des missionnaires-colonisateurs comme les abbés Jean-Isidore Gaire, Louis-Pierre Grave1 et Philippe-Antoine Bérubé pour encourager I’immigration de colons de langue française. Cependant, ces missionnaires ne réussissent pas à attirer un grand nombre de colons francophones instruits.

Lorsqu’il est nommé archevêque de Regina en 1911, Mgr Olivier-Elzéar Mathieu, étudie la situation de son nouveau diocèse et décide qu’il doit créer une élite francophone en I Saskatchewan. « Dès qu’il eut pris conscience de la gravité de la situation, Mgr Mathieu s’employa à favoriser la formation et la montée d’une élite écclésiastique et professionnelle franco-saskatchewanaise car, répétait-il inlassablement, "une minorité sans élite valait moins qu’une armée sans commandant". »11

Afin d’assurer le succès de l’entreprise, Mgr Mathieu obtient une charte de l’Assemblée législative de la Saskatchewan, le 15 décembre 1917, pour établir un Collège catholique à Gravelbourg. Quelques années plus tôt, un groupe de Franco-Canadiens avait fondé un journal de langue française,Le Patriote de l'Ouest, à Duck Lake. En 1913, le journal démé-nage dans la ville de Prince Albert. Et, en février 1912, Mgr Mathieu, lui-même, avait participé à la réunion de fondation de l’Association catholi-que franco-canadienne de la Saskatchewan à Duck Lake.

Si Mgr Mathieu réussit à créer son « élite écclésiastique et professionnelle franco-saskatchewanaise », pourra-t-il la « garder à la ferme »? Bien sûr, le Collège Mathieu va former des prêtres pour répondre au grand besoin des petites paroisses rurales et il y aura un cours de trois ans en agriculture. Mais, bien d’autres voudront devenir médecin, notaire et avocat. Accepteront-ils de s’établir à la campagne, à Hoey, à Willow Bunch ou à Bellegarde ou prendront- ils le chemin de la grande ville pour ouvrir des cabinets à Prince Albert, à Saskatoon et à Regina?

Il existe plusieurs exemples de francophones ayant des professions libérales qui ont choisi de s’établir dans des petites villes ou à la campagne: le docteur Arsène Godin à Willow Bunch, le docteur Victor Bourgeault à Marcelin, les docteurs Lefèvbre et Moreau à Hoey, les frères Grave1 à Gravelbourg (avocat et médecin), Joseph-Arthur Marcotte à Ponteix (avocat), le docteur Joseph-Antoine Soucy à Gravelbourg et l’auteur Marc-Antoine Lebel, alias Jean Féron, à Arborfield.

Cependant, la majorité des Franco-Canadiens qui font leurs études au Collège Mathieu ne s’installent pas à la campagne, en Saskatchewan, pour former le « leadership » tellement souhaité par Mgr Mathieu. D’une part, le Collège Mathieu est affilié, dès 1924, à l’Université d’Ottawa. Un bon nombre de diplômés du Collège se rendront alors à Ottawa pour poursuivre leurs études et beaucoup choisiront de ne jamais revenir en Saskatchewan, s’établissant au Québec, en Ontario et ailleurs.
Quant à ceux qui reviennent dans la province, plusieurs ouvriront leurs bureaux dans les grandes villes.

À cette époque, et jusqu’au début des années 1960, la ville de Prince Albert attire beaucoup de ces francophones exerçant des professions libérales. Dans cette ville, il y a l’atelier du Patriote de l'Ouest, ainsi que l’évêché du diocèse.
Ces francophones s’impliquent pleinement dans le développement de la vie socio-culturelle des Franco-Canadiens de la Saskatchewan. « Durant les premières années de la paroisse du Sacré-Coeur, qui était alors la seule paroisse catholi-que de Prince Albert, un groupe culturel très actif s’était formé sous la personnalité de Madame Morrier, (née Gravel), une musicienne de renom et une femme exceptionnelle, à ce qu’on raconte12 Elle était aussi une artiste. Un petit groupe élite s’était donc formé sous son patronage. Ce groupe comprenait plusieurs aflistes tels le Docteur Montreuil, les DeLagorgendière, les Gravel, les Jutras, les Turgeon, Madame Carrier, les Casgrain, etc. On organisait à la salle de la cathédrale, des concerts, des tableaux, des pièces de théâtre, des séances de musique et le tout en français. » 13

Au début du siècle, la ville de Prince Albert est la seule de la province qui compte vraiment une présence francophone importante. Il y a entre autre le sieur DeLagorgendière, venu de la Beauce en 1887; Louis Schmidt, l’ancien secré-taire de Louis Rie1 au Manitoba, réside dans la ville pendant quelques années; Alphonse Turgeon, un jeune avocat et futur ministre de la Justice arrive en 1902, ainsi que son cousin, le magistrat J. Émile Lucier; Jean Cuelenaere sera maire de la ville et plus tard ministre de la Justice de la province. Enfin, le mari de Mme Morrier, Joseph-Eldège est arpenteur dans la région de Prince Albert, puis président de la Compagnie de la Bonne Presse, qui publie le Patriote de l'Ouest. Joseph-Eldège Morrier est aussi le premier chef du secrétariat permanent de I’ACFC.

Il y a donc à Prince Albert une certaine élite francophone avant même l’arrivée de Mgr Mathieu. « Une des grandes influences françaises dans la paroisse Sacré-Coeur, dans Prince Albert et dans toutes les paroisses francophones de la Saskatchewan, fut "Le Patriote de l'Ouest". », la communauté francophone de Prince Albert ne semble pas être noyée dans une mer anglophone comme c'est le cas à Saskatoon et à Regina.

À Prince Albert, à cause de l’importance de la communauté française, la paroisse Sacré-Coeur a toujours eu une messe en français. Dans les autres villes, les Franco-Canadiens devront attendre avant d’avoir leur propre paroisse française: les Saint-Martyrs-Canadiens à Saskatoon et Saint-Jean-Baptiste à Regina. Le cas de cette dernière est intéressant.

Dans la capitale provinciale, la première paroisse catholique avait été créée par un Canadien français, Pascal Bonneau, commerçant et entrepre-neur. En effet, en 1882, il avait demandé au père Hugonard de Qu’Appelle de venir chanter une messe dans la capitale et jusqu’en 1884, le père Hugonard venait de temps en temps dire la messe aux fidèles de Regina. La messe était dite maison de Pascal Bonneau ou dans McCusker.

Le premier curé résident, l’abbé L.-N. Larche, arrivait deux ans plus tard, en 1884, « Il n’y a pas de prêtre résident, ni d’église avant que deux commerçants fervents et énergétiques, Pascal Bonneau et Charles McCusker, prélèvent plus de mille dollars de toute la communauté envers une église. Au printemps de 1884, peu de temps après l'arrivée du père Larche, le premier curé, une belle petite église fut dédiée par Mgr Taché. » 15

Malgré cela, les Canadiens français devront attendre jusqu’aux années 1950 avant d’avoir leur propre paroisse à Regina. À l’époque de Mgr Mathieu, chaque dimanche, comme c’est le cas à Prince Albert, les francophones de la capitale ont une messe en français à la cathédrale.

Après la mort de Son Excellence Mgr Mathieu, le groupe canadien-français demande au nouvel évêque, Mgr McGuigan, de trouver un moyen de les regrouper. « Le 3 avril 1932, l'Archevêque McGuigan demanda au père Célestin Demers de mettre sur pied un service dominical régulier pour les Canadiens français, sous forme d’une messe le dimanche à leur chapelle. Pendant vingt-et-une années, les Franciscains assurèrent ce service dominical aux Canadiens français de Regina en plus d’une mission annuelle. »16

Dès la fin des années 1940, un groupe impor-tant de Canadiens français de Regina com-mence à nouveau à demander une paroisse française. « Le moment était venu pour les ca-tholiques de langue française de s’organiser pour obtenir ce qu’ils souhaitaient depuis longtemps: une paroisse nationale canadienne-française; depuis 1949- 1950, et avec les encouragements des pères Alphonse Sylvestre et Jean Capistran Cayer, quelques familles, au nombre desquelles celtes d’Avila Letourneau, Roch Poissant, Paul Bouthillier, Jean Le Nabat, Napoléon Gilbert, Raoul Langlais, Joseph Girardin, et d’autres, se réunissaient assez fréquemment afin de discuter des possibilités et de la stratégie à prévoir en vue de la fondation d’une paroisse nationale canadienne-française à Regina. » 17

Les Canadiens français allaient vite se rendre compte qu’il n’est pas facile d’obtenir son église en milieu urbain où il peut déjà y en avoir dix-douze, Ce n’est pas comme en milieu rural où rien n’existe. Les démarches débutent en 1950 et se prolongent pendant trois ans avant que le groupe ne puisse avoir sa propre paroisse. C’est en 1953, à Noël, que les Canadiens français de Regina apprennent qu’ils auront leur paroisse Saint-Jean-Baptiste.

Il faut aussi remarquer que dans les deux grandes villes, les francophones s’organisent plus lentement que dans les milieux ruraux de la province. Par exemple, à Regina, ce n’est que vers le milieu des années 1950 qu’on com mence à parler de créer un cercle local de I’ACFC (ACFR en 1965) de mettre sur pied une école française (École Mathieu en 1956) et une caisse populaire (la Caisse populaire française de Regina en 1965).

L’école Mathieu est un exemple qui montre comme il est parfois difficile, à cette époque, pour les francophones des grandes villes de se donner des services qui existent déjà dans les plus petites communautés francophones. Dans la plupart des centres français, dans les années 1950, il y a au moins une école où on enseigne le français de I’ACFC. A Regina, ce n’est qu’en 1956 qu’on obtient enfin des classes de français. « À l’automne de cette année 1956, Mme H.J. Coyle (née Thérèse Desautels) inaugura une école maternelle dans sa résidence privée au numéro 2340 rue Cameron, à Regina, pour enseigner le français à ses propres enfants ainsi que ceux de Messieurs Alexis Daoust, Léo Lirette, Jean Deaust et une couple d’anglophones. Ce fut en réalité la naissance de l'école Mathieu. »18 Plus tard, une salle sera aménagée dans l’église Saint-Jean-Baptiste pour ces clas-ses de français.

Une personne qui joue un rôle important dans le développement de la communauté francophone de Regina, durant les années 1960, c’est Joseph Girardin. Il est un des fondateurs de I’ACFR ainsi que de la Caisse populaire française de Regina. Mais il n’est pas seul et il serait impossible de donner les noms de tous les francophones qui ont aidé à développer des services en français dans la capitale.

C’est également le cas à Saskatoon. Durant les années 1950, le rassemblement des francopho-nes de Saskatoon se fait plus facilement qu’à Regina grâce à l’établissement dans cette ville de la station de radio CFNS. Les Canadiens français se rassemblent souvent à la station pour des soirées sociales.

Quelques années auparavant, en 1942, environ 50 familles francophones s’étaient réunies à la paroisse des Saints-Martyrs Canadiens pour fonder la Caisse populaire française de Saskatoon. L’instigateur de ce regroupement coopératif était le curé de la paroisse, l’abbé Lucien Demers. La Caisse populaire française de Saskatoon continuera d’être une petite entreprise paroissiale jusqu’à la fin des années 1970, date à laquelle les actionnaires décident de rendre la banque plus visible. Ainsi est née en 1980, la caisse populaire « La Fransaskoise » de Saskatoon.

L’évolution de « La Fransaskoise » suit un peu le mouvement d’urbanisation des francophones de la Saskatchewan. « Alors qu’en 1941, 70 % de cette population vivait en milieu rural, en 1981 la proportion en était tombée à 45 %. De plus, la plupart de ces familles étaient des fermiers en 1960, alors qu’aujourd’hui la plupart sont des familles rurales non-agricoles. » 19

Lorsque la Caisse populaire française de Saskatoon est fondée en 1942, la majorité des Franco-Canadiens de la Saskatchewan vivent en milieu rural et sont fermiers. Lorsque la caisse quitte de l’église Saints-Martyrs Cana-diens en 1980, 55 % de la population de langue française vit alors dans les grandes villes de la province.

C’est surtout à partir des années 1960 que le phénomène d’urbanisation des francophones se produit. Pourquoi? Plusieurs facteurs entrent en jeu, dont l’accès à l’éducation et la mécanisation de l’agriculture.

Éducation

Lorsque le parti Cooperative Commonwealth Federation (CCF) gagne les élections provinciales en 1944, les Franco-Canadiens de la Saskatchewan reconnaissent qu’ils auront à vivre des grands changements. Le chef du parti, T.C. Douglas, a déjà annoncé son intention de créer de grandes unités scolaires. Les francophones ne sont pas favorables à ce projet.

Traditionnellement, les francophones de la Saskatchewan avaient toujours voté libéral. En 1944, certains songent peut-être à changer d’allégeance. Pour sa part, l’abbé Maurice Baudoux, curé de Prud’homme, n’est pas encore prêt à renier le parti libéral en faveur du CCF: « dans le domaine scolaire (pour ne parler que de celui-là) les tendances de ce parti sont à la centralisation à outrance et que le système de grandes unités auquel le gouvernement actuel n’a donné jusqu’ici qu’une adhésion de principe, serait tôt réalisé advenant la prise de pouvoir par la CCF. »20

Jusqu’aux élections de 1944, chaque petite école de campagne formait son propre petit district scolaire. Puisque les Franco-Canadiens de la Saskatchewan étaient généralement réunis en groupes assez compacts, ils avaient souvent le contrôle de leur petite école de campagne. Ces petites écoles de campagne offraient généralement les cours de la 1re à la 8e année. Après la huitième année, les garçons pouvaient poursuivre leurs études au Collège Mathieu de Gravelbourg, tandis qu’il y avait plusieurs couvents où les filles pouvaient se rendre jusqu’à la 12e année.

Le principe des grandes unités scolaires allait changer tout ça. Le système des petites écoles de campagne allait être abandonné et remplacé par de plus grandes écoles centralisées qui offriraient également l’enseignement secondaire (High School). Toutefois, les chefs de la communauté francophone craignent de perdre le contrôle de leurs écoles si elles sont ainsi centralisées.

L’élection du parti CCF en 1944 garantit le projet de centralisation. À la fin des années 1950, des écoles centralisées sont construites dans presque toutes les régions de la province et la plupart des petites écoles de campagne sont fermées. Un des avantages de ces écoles centrali-sées est que plus de jeunes Canadiens français terminent leur 12e année; le secondaire n’est plus réservé à une petite minorité qui peut se permettre le cût d'une école privée.

Puisqu'un plus grand nombre d'élèves finit la 12e année, plus de jeunes francophones de la Saskatchewan se rendent à l'université pour se préparer à une carrière qui n'a rien à voir avec l'agriculture. La plus part de ces nouveaux diplômés ne retourneront pas à la campagne mais s'établiront plutôt en ville pour entreprendre leur carrière.

Agriculture

Un autre facteur qui accélère l'urbanisation des francophones de la Saskatchewan, à la fin des années 50 et au début des années 60, est la mécanisation de l'industrie de l'agriculture.
Lorsque les prêtres-colonisateurs et autres se sont rendus au Québec, en Europe et dans les villes undustrialisées des États-Unis, au début du siècle, pour recruter des colons pour les prairies de l'Ouest, on croyait qu'il était possible pour un carreau de 160 acres. La terre devait être défrichée à l'aide de chevaux et de boeufs.

Bientôt, cependant, on réalise qu'un seul carreau n'est pas suffisant pour faire vivre une famille et les fermes s'agrandissent à deux, ou même trois, carreaux . Jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale, en 1945, le gros des travaux de la ferme continue d'être fait par des chevaux. Dans plusieurs cas, des fermiers ont acheté des tracteurs à gaz, mais ceux-ci ont dû être mis de côté durant la crise économique des années 1930.

Cependant, avec la prospirité de la période d'après guerre, la mécanisation des fermes commence à se faire. Peu à peu, les chevaux sont remplacés dans chaque ferme par un ou même deux tracteurs. Les combines, ou moissonneuses-batteuses, arrivent des États-Unis immédiatement après la guerre. Le travail de la ferme se fait de plus en plus vite.

Beaucoup de fermiers commencent même à se spécialiser. Alors qu'auparavant, une ferme saskatchewanaise était presque autosuffisante en produisant boeuf, oeufs, lait, porcs, farine (blé) et légumes, les fermiers se spécialisent de plus en plus dans un ou deux secteurs. Par exemple, beaucoup des producteurs de céréales se débarrassent de leurs animaux. D'autres deviennent presque exclusivement producteurs de porcs ou éleveurs de bétail.

Puisque l'équipement agricole devient de plus en plus puissant, les fermiers cherchent à agrandir leur ferme. Alors qu'avant la guerre, un fermier pouvait bien gagner sa vie avec une demi-section de terre, la superficie moyenne d'une ferme en 1991 est de sept carreaux (1 091 acres). En 1941, il y avait au Canada plus de 732 000 fermes; en 1991, ce nombre était d'environ 267 000.21 Alors que la superficie des fermes augmente, le nombre de fermiers baisse. Ne pouvant plus gagner leurs vie à la campagne, bon nombre de francophones se dirigent vers les villes.

La survivance francophone en ville

En 1981, la majorité des francophones (55 %) vivaient en ville. La culture francophone peut-elle s'épanouir en milieu urbain? Plusieurs facteurs rendent difficile la survivance fran]aise en ville.

D'abord, c'est plus difficile de rencontrer des francophones dans une grande ville comme Saskatoon ou Regina que dans une plus petite ville comme Gravelbourg ou Zénon Park. De plus, les citadins ont accès à une plus grande variété d'activités de loisirs que les gens d'une communauté comme Bellevue ou Ponteix. Mais, ces activités ne seront pas nécessairement en français.

Un autre facteur d'urbanisation est l'augmentation des mariages mixtes: « l'origine ethniques va continuer à être de plus en plus compliquée, les mariages entre ethnies se continuent; le nombre de gens se réclamant être d'origine française unique va baisser progressivement. »22

L'urbanisation peut, en grande partie, être blâmée pour le phénomène d'anglicisation des francophones. « La proportion de la population canadienne-fran]aise r/sidente en zone urbaine va continuer d'augmenter, aux dépens de la population en zone agricole, et c'est en zone urbaine que le plus grand déclin dans l'utilisation de la langue française parmi ces gens a eu lieu. »23 Puisque la tendance vers une migration de la campagne à la ville n'est pas à la veille de prendre fin, il faudra trouver des moyens originaux pour freiner l'assimilation des Fransaskois.


Notes et références

  1. Richard Lapointe ; Lucille Tessier. — Histoire des Franco-Canadiens de la Saskatchewan. — Regina : Société historique de la Saskatchewan, 1986. — P. 53
  2. Michel Brunet. — French Canada and the Early Decades of British Rule, 1760-1791. — Booklet no 13. — Ottawa : Canadian Historical Association, 1965. — Traduction. — P. 5
  3. Denis Monière. — Ideologies in Quebec : The historic development. — Toronto : University of Toronto Press, 1981. — Traduction. — P. 143
  4. Jack Little. — « Des townships aux Cantons ». — Horizon Canada. — saint-Laurent : Centre d'études en enseignement du Canada, 1984. — Vol. 4, p. 921
  5. Pierre Trépanier. — « La terre promise ». — Horizon Canada. — Saint-Laurent : Centre d'études en enseignement du Canada, 1984. — Vol.4,p. 1118
  6. Ibid., p. 1122
  7. Le Patriote de l'Ouest. — (16 mai 1912)
  8. Ibid.
  9. Ibid.
  10. Richard Lapointe ; Lucille Tessier. — Histoire des Franco-Canadiens de la Saskatchewan. — P. 79
  11. Ibid., p. 274
  12. Après un séjour à Prince Albert, Joseph-Eldège Morrier et Madame Morrier se rendent à Edmonton oû M. Morrier est employé au journal La Survivance. Mme Morrier commence à écrire du théâtre et une de ses pièces est choisie pour représenter l'Alberta au Dominion Drama Festival à Ottawa en 1935. Mme Morrier était metteur en scène.
  13. Solange Lavigne. — Kaleidoscope - Many Cultures - One Faith, The Roman Catholic Diocese of Prince Albert, 1891-1991. — Prince Albert : Diocèse de Prince Albert, 1990. — P. 63
  14. Ibid., p. 65
  15. Earl Drake. — Regina, The Queen City. — Toronto : McClelland & Stewart, 1955. — Traduction. — P. 27
  16. René Rottiers. — « Histoire abrégée de la fransaskoisie ». — L'Eau vive. — (12 janv. 1983). — P. 13
  17. Ibid., p. 13
  18. René Rottiers. — « Histoire abrégée de la fransaskoisie ». — L'Eau vive. — (9 mars 1983). — P. 6
  19. A.B. Anderson. — « Profil démographique des Canadiens français de la Saskatchewan, 1885-1985 ». — Héritage et avenir des francophones de l'Ouest. — Colloque du Centre d'études franco-canadiennes de l'Ouest (18-19 oct. 1986). — P. 178
  20. Laurier Gareau. — Le défi de la radio française en Saskatchewan. — Regina : Société historique de la Saskatchewan, 1990. — P. 52
  21. « Farm stats show need for solutions ». — Leader Post. — (8 juin 1992). — P. A7
  22. A.B.Anderson. — « Profil démographique des canadiens français de la Saskatchewan, 1885-1985 ». — P. 182
  23. Ibid., p. 182

Bibliographie

  1. A.B. Anderson. — « Profil démographique des Canadiens français de la Saskatchewan, 1885-1985 ». — Héritage et avenir des francophones de l'Ouest. — Colloque du Centre d'études franco-canadiennes de l'Ouest (18-19 oct. 1986)
  2. Brunet, Michel. — French Canada and the Early decades of British Rule, 1760-1791. — Booklet no 13. — Ottawa : Canadian Historical Association, 1965
  3. Drake, Earl. — Regina, The Queen City. — Toronto : McClelland & Stewart, 1955
  4. Gareau, Laurier. — Le défi de la radio française en Saskatchewan. — Regina : Société historique de la Saskatchewan, 1990
  5. La pointe, Richard ; Tessier, Lucille. — Histoire des Franco-Canadiens de la Saskatchewan. — Regina : Société historique de la Saskatchewan, 1986
  6. Lavigne, Solange. — Kaleidoscope - Many cultures - One Faith, The Roman Catholic Diocese of Prince Albert, 1891-1991. — Prince Albert : Diocèse de Prince Albert, 1990
  7. Little, Jack. — « Des Townships aux Cantons ». — Horizon Canada. — Saint-Laurent : Centre d'études en enseignement du Canada, 1984. — Vol. 4
  8. Monière Denis. — Ideologies in Quebec : The historic development. — Monière, Denis. — Toronto : University of Toronto Press, 1981
  9. Trépanier, Pierre. — « La Terre promise ». — Horizon Canada. — saint-Laurent : Centre d'études en enseignemnt du Canada, 1984. — Vol. 4
  10. Le Patriote de l'Ouest. — (16 mai 1912)
  11. Rottiers, René. — « Histoire abrégée de la fransaskoisie ». — L'Eau vive . — (12 janv. 1983)-(9 mars 1983)
  12. « Farm stats show need for solutions ». — Leader Post. — (8 juin 1992)

Document de l'élève

Questions qui accompagnent
« L'urbanisation des francophones de la Saskatchewan »

  1. Lors de la Confédération en 1867, quel était le pourcentage de Canadiens français qui vivaient à la ferme ou en milieu rural?

  2. Selon Mgr Laflèche, évêque de Trois-Rivières à la fin du XIXe siècle, où étaient « la prospérité et l'avenir des Canadiens français »?

  3. De 1885 à 1931, il y eut en Saskatchewan une augmentation considérable de la population d'origine française. De combien de personnes parle-t-on et où s'installèrent la majorité de ces francophones?

  4. Nommer trois missionnaires-colonisateurs qui ont encouragé activement l'immigration de colons de langue française en Saskatchewan au début du XXe siècle.

  5. Qui a dit: « Une minorité sans élite vaut moins qu'une armée sans commandant »? Qu'est-ce que cela veut dire?

  6. Le Collège catholique de Gravelbourg (aujourd'hui le Collège Mathieu) ouvrit ses portes en 1918 pour répondre au besoin énoncé par Mgr Mathieu. Pourquoi, cependant, la majorité des Franco-Canadiens qui reçoivent leur éducation au Collège Mathieu ne restent-ils pas à la campagne pour former le « leadership » souhaité par Mgr Mathieu?

  7. Au début du XXe siècle, il n'y a qu'une ville en Saskatchewan qui compte vraiment une présence francophone importante. Quel est son nom?

  8. En 1941, quel est le pourcentage de francophones vivant en milieu rural? Et en 1981?

  9. Le phénomène d'urbanisation des francophones se produit surtout à partir de quelles années? Pourquoi?

  10. Quels changements en éducation contribuent au décroissement de la population fransaskoise rurale?

  11. Quels changements en agriculture contribuent au décroissement de la population fransaskoise rurale?

  12. Comparer la superficie moyenne d'une ferme en 1941 à celle d'une ferme en 1991. Comparer maintenant le nombre de fermiers en 1941 à celui de 1991; calculer cette baisse en pourcentage.

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Réponses aux questions qui accompagnent
« L'urbanisation des francophones de la Saskatchewan »

  1. Lors de la Confédération en 1867, quel était le pourcentage des Canadiens français vivant à la ferme ou en milieu rural?
    Environ 85 % vivaient à la ferme ou en milieu rural.

  2. Selon Mgr Laflèche, évêque de Trois-Rivières à la fin du XIXe siècle, où étaient « la prospérité et l'avenir des Canadiens français »?
    Pour lui, « la prospérité et l'avenir des Canadiens français résident dans les terres et les pâturages de leur riche territoire ».

  3. De 1885 à 1931, il y eut en Saskatchewan une augmentation considérable de la population d'origine française. De combien de personnes parle-t-on et où s'installèrent la majorité de ces francophones?
    La population d'origine française est passée de 689 (en 1885) à 50 700 (en 1931), soit une augmentation de 50 011 francophones en 46 ans, ce qui donne une augmentation de plus de 1000 personnes par an, en moyenne. En grande majorité, leur gagne-pain était l'agriculture.

  4. Nommer trois missionnaires-colonisateurs qui ont encouragé activement l'immigration de colons de langue française en Saskatchewan au début du XXe siècle. Les abbés Jean-Isidore Gaire, Louis-Pierre Gravel et Philippe-Antoine Bérubé.

  5. Qui a dit: « Une minorité sans élite vaut moins qu'une armée sans commandant »? Qu'est-ce que cela veut dire?
    C'est Mgr Olivier-Elzéar Mathieu, nommé archevêque de Regina en 1911, qui a dit cette phrase. Par cet énoncé, il a voulu faire comprendre l'importance des chefs, des leaders au sein d'une communauté et que pour créer cette « élite » francophone, il fallait de bonnes institutions d'éducation.

  6. Le Collège catholique de Gravelbourg (aujourd'hui le Collège Mathieu) ouvrit ses portes en 1918 pour répondre au besoin énoncé par Mgr Mathieu. Pourquoi, cependant, la majorité des Franco-Canadiens qui reçoivent leur éducation au Collège Mathieu ne restent-ils pas à la campagne pour former le « leadership » souhaité par Mgr Mathieu?
    D'une part, en raison du fait que le Collège Mathieu est affilié à l'Université d'Ottawa (à partir de 1924), et qu'un bon nombre de diplômés poursuivent leurs études à Ottawa et ne reviennent pas en Saskatchewan. D'autre part, parmi ceux qui reviennent, plusieurs choisissent de s'établir dans les grandes villes.

  7. Au début du XXe siècle, il n'y a qu'une ville en Saskatchewan qui compte vraiment une présence francophone importante. Quel est son nom?
    Prince Albert.

  8. En 1941, quel est le pourcentage de francophones qui vivent en milieu rural? Et en 1981?
    En 1941: 70 %, en 1981: 45 %.

  9. Le phénomène d'urbanisation des francophones se produit surtout à partir de quelles années? Pourquoi?
    À partir des années soixante à cause de plusieurs facteurs; mentionnons en particulier l'accès à l'éducation et la mécanisation de l'agriculture.

  10. Quels changements en éducation contribuent au décroissement de la population fransaskoise rurale?
    À la suite des élections de 1944, le nouveau gouvernement CCF de T.C. Douglas tient sa promesse de fermer les petites écoles de campagne pour créer de grandes unités scolaires centralisées. À la fin des années cinquante, ce projet est réalisé dans presque toutes les régions de la province. Un avantage de ce changement: plus de jeunes Canadiens français terminent leur 12e année, puisque l'éducation à ce niveau est maintenant accessible à tous et toutes sans coûts additionnels. Il s'ensuit que plus de jeunes francophones de la Saskatchewan se rendent maintenant à l'université... ce qui les mène à une carrière qui n'a rien à voir avec l'agriculture... et ce qui les mène ensuite plutôt vers la ville où ils entreprendront une carrière.

  11. Quels changements en agriculture contribuent au décroissement de la population fransaskoise rurale?
    - On croyait au début du siècle qu'il était possible pour un colon de bien vivre sur un carreau de 160 acres, mais on a vite réalisé que ce n'était pas suffisant. Les fermes s'agrandissent donc de deux, ou même de trois carreaux.
    - Après la Deuxième Guerre mondiale en 1945, la mécanisation des fermes commence à se faire. Peu à peu, les chevaux sont remplacés par un ou même deux tracteurs, une moissonneuse-batteuse, etc. Puisque l'équipement agricole devient de plus en plus puissant, les fermiers cherchent à agrandir leur ferme. Résultat: Le nombre de fermiers baisse et ne pouvant plus gagner leur vie à la ferme, bon nombre de personnes (francophones inclus) se dirigent vers les villes.

  12. Comparer la superficie moyenne d'une ferme en 1941 à celle d'une ferme en 1991. Comparer maintenant le nombre de fermiers en 1941 à celui de 1991; calculer cette baisse en pourcentage.
    - Superficie moyenne en 1941: une demi-section (2 carreaux); en 1991: 7 carreaux; donc durant cette période, la superficie moyenne a plus que triplé.
    - Il y avait au Canada 732 000 fermes en 1941, tandis qu'en 1991, il n'en restait que 267 000, soit 465 000 fermes de moins. Il est donc facile de comprendre le décroissement de la population rurale. Exprimé en pourcentage, on a:


Document d'information

Noël Dudragne4
(extrait d'une entrevue)

4    « Noël Dudragne ». - Les Fransaskois se racontent. - Regina : Archives de la Saskatchewan. - P. 50


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